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02 Aug

Les MARIES de l'an 9

Publié par MIA  - Catégories :  #La VIE et ses MYSTERES

Les MARIES de l'an 9

 

En ce premier samedi d'août, je me suis réveillée dès l’aube... c'est aujourd’hui que mon cadet se marie.

 

Un rapide coup d’œil sur le ciel me rassure : la journée sera belle. Il flotte dans l’air une excitation papable. Depuis plusieurs mois, j’ai planifié le moindre détail mais il reste à gérer les imprévus :

    - aller chercher le costume de Léo chez la couturière  - il est trop court -

   - refaire quelques décorations pour la boutonnière des invités  - il en manque -

   - protéger les fleurs sur la voiture des mariés - il commence à faire très chaud -

… et la liste n’en finit pas de s’allonger.

 

La maison bourdonne comme une ruche.

 

Depuis que Phénilys est arrivée pour coiffer et maquiller la mariée, Nata et Liza, les demoiselles d’honneur, squattent la salle de bain. Elles ne veulent rien perdre des préparatifs de leur amie. Leurs rires complices résonnent comme une ritournelle d’une pièce à l’autre.

 

Anna et Katia repassent leurs robes dans la lingerie pendant qu’Arnaud et Léo, les témoins d’Olivier, s’habillent dans le salon. Thomas, et d’autres copains vont et viennent à la recherche d’un coin tranquille pour se laver les dents. Ils finissent par se réfugier dans les W.C. Mon benjamin s’esquive au sous-sol pour faire son nœud de cravate sans témoin.

 

Les cousines ont investi la cuisine pour servir un en-cas à ceux qui ont une petite faim. Les portes claquent, le téléphone sonne, le carillon de la porte d’entrée tintinnabule et l’ordinateur crépite (le timin de la soirée n’est pas bouclé).

 

Nata me réclame de la farine pour cuire un pain que les jeunes mariés devront couper au cours de la soirée comme le veut la tradition russe.

 

Affolé par ce charivari, notre matou se sauve dans le jardin à la poursuite d’une couleuvre qui se faufile le long du mur de clôture.

 

Je ne sais plus où donner de la tête

 

je ne serai jamais prête à l’heure ! J’ai hâte d’enfiler ma robe de jolie-maman mais je ne sais toujours pas si je je vais choisir un collier fantaisie ou une simple chaîne en or.

 

Jean-Mi se repose dans le bureau, à l’écart de l’agitation. Il plaisante en enfilant avec peine son costume gris, un peu trop grand – il a encore maigri ces dernières semaines - :

 

    - J’ai l’air d’un pingouin.

    - Oui … mais un joli pingouin !

 

J’essaie de cacher mon trouble devant son sourire mélancolique. Il flotte dans son beau costume de cérémonie.

 

 

 

J’ai à peine le temps de grignoter un canapé qu’il faut partir. Yulia est tellement émue qu’elle en oublie son bouquet.

 

Les amis et la famille nous attendent sur le parvis de l’église.

 

C’est dans cette même église que Jean-Mi et moi, nous étions promis fidélité dans le bonheur et dans les épreuves. Je me revois jeune mariée, un peu intimidée par la solennité des lieux. Aujourd’hui encore des larmes de joie voilent nos yeux quand Yulia avance au bras de son père alors que résonne l’Ave Maria de Schubert. Elle est si belle dans sa robe immaculée, sous son voile en dentelle. La cérémonie se déroule au son harmonieux de l’orgue où Jean-Mi venait jouer  de temps à autre.
 

 Après la signature des registres paroissiaux, les jeunes époux sortent sous une pluie de pétales de roses ; un joyeux tonnerre d’applaudissements remplace les cloches qui ne sonnent plus depuis qu'un violent orage s'est abattu sur Maville. 

 

 

 

Deux heures plus tard, une pluie fine, présage  d'un mariage heureux,  nous accompagne alors que nous roulons vers Thénac. C'est là que nous avons réservé, il y a plus d'un an,la grande salle des Chais de Thénac pour accueillir nos invités venus des quatre coins du monde.

 

 

Nous ferons la fête jusqu'au bout de la nuit

 

Les chants et les danses des amies de Yulia nous transportent au bord de la Volga alors que les copains et les cousins d’Olivier rivalisent d’imagination pour égayer une assemblée conquise par le charme d’une rencontre franco-russe aux accents du bonheur.

 

Les jeunes mariés ouvrent le bal sur la valse de Chostakovitch avant que jeunes et moins jeunes n’envahissent la piste de danse pour se déhancher sur des airs d'aujourd'hui.

 

Comme j’aurais aimé les rejoindre ! Jean-Mi aimait tellement danser ! 

 

La SLA  emporte nos rêves les plus doux dans un nuage de tristesse. Nous sommes restés sagement assis, à notre table où  Olivier et Yulia sont venus nous rejoindre, conscients que leur bonheur ne nous fait pas oublier la maladie.

J + 2

 

La maison est sens dessus-dessous ; les fleurs commencent à se flétrir et la robe de Yulia pend tristement sur un cintre. Demain, les jeunes mariés s'envolent vers le sud de l’Espagne.

 

Après cette parenthèse magique où la maladie s'est faite plus discrète, la mélancolie me gagne. Que sera demain ?

 

Cette journée reste un de mes plus jolis souvenirs.

 

C'était le 1er août 2009... il y a 8 ans déjà. Malgré la fatigue et l’émotion, Jean-Mi a partagé ces instants où plus rien ne compaite que la famille réunie autour de nos enfants.

 

 - Extrait de mon livre " Souris à le vie " -

 

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Mimi 02/08/2017 19:20

Des instants de bonheur qui caressent la vie...

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Un peu de tout et beaucoup de petits riens qui, aujourd'hui, colorent ma Vie aux couleurs de l'arc-en-ciel et me donnent la force d’avancer... alors qu'hier la SLA a frappé à notre porte en emportant mes rêves les plus doux.